Colline des Deux Amants

C’est l’un des plus célèbres panoramas de l’Eure, la Colline des Deux amants située à Amfreville-sous-les-Monts offre un point de vue unique sur la confluence de l’Eure et de la vallée de Seine. C’est également le lieu d’une légende bien connue en Normandie, celle de l’amour tragique entre Edmond et Caliste. L’histoire raconte qu’au cours d’une chasse, Edmond, un jeune écuyer, sauve la belle Caliste, la fille de son maître le Baron Rulphe (Seigneur de Pont-Saint-Pierre) de l’attaque d’un sanglier. Edmond demande la main de celle qu’il aime. Le Seigneur y consent, à une condition : « Vois la hauteur de ce mont escarpé. Gravis-le en portant ta bien-aimée ». Edmond se soumet à l’épreuve. Mais, succombe à l’effort. La jeune fille, désespérée, succombe à son tour. Un récit digne de Shakespeare que l’on découvre à travers le circuit pédestre des Deux Amants dans l’Eure.

La colline Deux Amants à Amfreville-sous-les-Monts

La Dame Blanche de l’Abbaye de Mortemer

C’est sans doute l’une des légendes les plus connues de Normandie. La petite-fille de Guillaume le Conquérant hanterait l’Abbaye de Mortemer. Mathilde l’Emperesse « Dame des Anglais » joua un rôle essentiel dans l’administration de la Normandie Médiévale jusqu’à sa mort en 1167. Au cœur des relations séculaires entre la Normandie et le Royaume d’Angleterre à travers l’héritage laissé par Henri II de Plantagenêt (son fils) et Richard Cœur de Lion (son petit-fils), Mathilde l’Emperesse encourage les moines cisterciens à Lisors, près de Lyons-la-Forêt, l’un des plus beaux villages de France, à développer cette abbaye du Vexin Normand. Mathilde l’Emperesse connaitrait particulièrement l’Abbaye de Mortemer pour y avoir été enfermée par le Roi d’Angleterre, son père, dans sa jeunesse en raison d’une attitude jugée en opposition « aux bonnes mœurs ». Elle hanterait ce site de l’Eure Médiévale depuis. Si vous apercevez la Dame Blanche aux abords de l’Abbaye de Mortemer vêtue de gants noirs, c’est un présage annonciateur de mort dans l’année. En revanche, si la Dame Blanche est vêtue de gants blancs, c’est un mariage qui vous attendrait.

À gauche : représentation de la Dame Blanche – à droite : Abbaye de Mortemer

Gisors et le Trésor des Templiers en Vexin Normand

Le Trésor des Templiers serait en Normandie ? C’est en tout cas une légende qui a pris place au Château de Gisors. Cette forteresse normande, clé de l’Eure médiévale, accueilli 3 chevaliers de l’Ordre du Temple entre 1158 et 1161, bien avant l’arrestation des chevaliers sur demande de Philippe le Bel. C’est à partir de ce séjour en Normandie que débuta une légende selon laquelle Gisors, dans le Vexin Normand, serait la clé pour découvrir l’emplacement secret du Trésor des Templiers. Cet ordre religieux avait seulement pour mission de protéger la route du Pèlerinage vers Jérusalem. Mettant en place de nombreuses commanderies en Orient comme en Occident, le mythe sur la richesse des Templiers grandit avec l’ordre jusqu’à sa mise à mal en 1307 par le Roi de France. De nombreuses fouilles furent réalisées au Château de Gisors laissant le doute pour certains sur l’existence ou non de ce fameux trésor.

Château de Gisors

La bête d’Evreux : un loup-garou en Normandie ?

Alors que le loup a disparu depuis plus d’un siècle en Normandie, c’est une légende digne de la Bête du Gévaudan qui prend place à Évreux et Caen au XVIIe siècle. En 1632, des attaques dans les forêts aux abords de la capitale de l’Eure et de celle du Calvados font plusieurs morts notamment dans la forêt de Cinglais.  De nombreuses battues sont organisées en vain entre 1632 et 1633 en Normandie. De nombreux récits font état d’un animal très rapide, d’une bête « furieuse », d’un homme qui se transformerait même en loup… Ce qui est affirmé par les sources historiques, c’est qu’un grand loup roux est toutefois tué lors d’une battue. La Bête d’Évreux participe à la construction des légendes et récits de la Normandie d’hier et d’aujourd’hui.

À gauche : cathédrale Notre-Dame à Évreux

Révolution Française : Le Trésor perdu de Louis XVI

C’est en pleine époque de la Révolution Française qu’a lieu un terrible accident en Normandie dans la nuit du 2 au 3 janvier 1790. Le Télémaque, navire en provenance du port de Rouen, coule à proximité du petit village de Quillebeuf (aujourd’hui près du Pont de Tancarville). Bientôt la rumeur se répand : une partie de l’or du Roi de France Louis XVI était à son bord…. Une mission est dépêchée pour remettre à flot l’embarcation qui a navigué en vallée de Seine en passant par la route des Abbayes Normandes, de Saint-Martin-de-Boscherville, de Jumièges puis Saint-Wandrille. Différentes missions échouent dans cette tentative de sauvetage. Ce serait à cause du mascaret, cette vague qui remonte la Seine que le Télémaque aurait fait naufrage dans le fleuve. En pleine période de suspicion, la rumeur prétend que la cargaison n’est pas composée de bois et autres marchandises de peu de valeur, mais des trésors du Clergé, des abbayes de la vallée de Seine et de la Noblesse normande, voir même de la fortune personnelle de Louis XVI. Retrouvez l’ex-voto de l’église Notre-Dame de Bon Port à Quillebeuf, gardienne de la mémoire de la navigation en vallée de Seine.