
La maison de Monet et son jardin à Giverny
Quand en 1883, Monet part à la recherche d’un nouveau lieu d’habitation pour lui et sa famille à bord du train qui va de Vernon à Gasny, il découvre à travers les fenêtres ce petit bout de paradis.
Pour lui, c’est sûr, ses pas vont s’arrêter à Giverny. C’est ici qu’il créera, installé dans la célèbre maison rose aux volets verts, un jardin extraordinaire, un jardin mythique. 
La célèbre maison au crépi rose 
« Certain de ne jamais retrouver un si beau pays », Monet n’hésite pas à acquérir la « longue maison rose » lorsqu’elle est mise en vente en 1890. Le récent succès de ses toiles lui a donné de l’aisance financière. La maison se situe en contrebas du village. Elle borde la rue et fait face à un immense jardin. Immédiatement, Monet le plante de fleurs. Il transforme la grange adjacente à la maison en atelier et en salon, et fait construire des serres.
Le vert des ferrures, des bancs, des volets et des portes spécialement choisi par le peintre s’harmonise au crépi rose de la façade de la maison, Monet aime à vivre dans cet univers cossu et chaleureux rehaussé de ses couleurs impressionnistes. Il chérit particulièrement sa formidable collection d’estampes japonaises qui l’a inspiré, tant dans l’intellectualisation que dans la mise en lumière du Jardin d’eau.
En visitant la maison, on découvre l’intimité du maître. On entre par le petit salon bleu, le salon de lecture. Puis on traverse l’épicerie, pour gagner le premier atelier, le salon-atelier, où Monet travailla jusqu’en 1899 et qui fut ensuite transformé en salon. Cette pièce a fait l’objet en 2011 d'une reconstitution minutieuse : la disposition se rapproche de celle du temps de Monet. Une soixantaine de tableaux répliqués sont désormais présentés aux cimaises du salon-atelier, selon un accrochage dense afin de retrouver l'atmosphère d'antan, dans le souci du respect historique.
L’escalier qui mène à l’étage dessert les appartements privés de Monet : sa chambre à coucher, avec le lit et le bureau à cylidre, dont la vue donne sur le jardin clos, les appartements de sa femme Alice composés d’une chambre et d’un cabinet de toilette.
On redescend par un autre escalier pour poursuivre la visite par la salle à manger, aux murs parés d’estampes japonaises. Murs, plafond, fenêtres, chaises, meubles… : Monet y avait tout fait peindre de 2 tons de jaunes : l’un pâle et l’autre plus soutenu. La large table pouvait accueillir jusqu’à 15 convives. Dans la vaste cuisine, aux carreaux bleus de Rouen, tronent toujours l’immense cuisinière aux multiples fourneaux et les ustensiles de cuivre.
Près de la maison, le grand atelier des Nymphéas accueille désormais la librairie-boutique de la fondation Monet. Des milliers d’articles y sont proposés sur le thème de l’œuvre de Monet et des jardins : cartes postales, livres, vaisselle officielle de Claude Monet par Haviland et Parlon...
Une exceptionnelle collection d’estampes japonaises
Autre passion de Monet, les estampes japonaises qu’il collectionne dès les années 1870. Sa collection rassemble plus de 200 estampes d’artistes japonais fameux : Hokusai (1760-1849), Hiroshige (1797-1858), Utamaro (1753-1806), exposées au gré de ses envies de-ci dans les différentes pièces de la maison.
Claude Monet partageait avec ses amis peintres de l’Impressionnisme une réelle fascination pour la culture et les expressions artistiques de l’Empire du Soleil Levant. La collection réunie à Giverny présente également un intérêt historique, car elle a été conservée dans son unité à quelques numéros près.
Cette passion qu’éprouvait Monet pour le Japon se diffusa jusque dans son jardin, avec les iris, pivoines, lis, chrysanthèmes…, que ses amis lui faisaient parvenir.
Un jardin à nul autre pareil 
Quand il emménage à Giverny, le jardin n’est alors qu’un vaste espace clos de murs en grand partie planté d’arbres fruitiers. Monet trace des plans et organise l’espace comme il peint sees toiles, imaginant une succession d’harmonies, de couleurs au gré des saisons, créant ce que Proust décrit comme « un jardin de tons et de couleurs plus encore que des fleurs, un jardin qui doit être moins l’ancien jardin-fleuriste qu’un jardin coloriste ».
Claude Monet vouait à son jardin autant d’amour qu’à ses pinceaux.
« En dehors de la peinture et du jardinage, je ne suis bon à rien ! », disait-il. Il n’aménage pas son jardin pour le peindre, même s’il aime à en faire des représentations. C’est pour lui une œuvre à part entière, où il savoure la nature maîtrisée et le repos.
Face à la maison, le Clos normand compose un jardin à la française réinterprété. Des lignes droites ordonnent un joyeux mélange où s’épanouissent plus de 900 espèces de fleurs, dans des explosions de couleurs sans cesse renouvelées. Monet conçoit chaque aspect de son jardin. Des parterres aux chemins, du bassin à la passerelle, tout est savamment orchestré selon les visions du peintre.
Les narcisses, les tulipes, les azalées, et les rhododendrons répondent aux lilas, glycines et iris. Les pivoines se révèlent avec éclat parmi les campanules, les lys et les delphiniums. Les rosiers sous toutes leurs formes annoncent l’été tandis que les dahlias, les anémones et les asters préparent l’œil à la dernière saison. Ici, les repères géométriques se perdent dans un rêve végétal, soudain les perspectives fuient alors même que vos pas longent un parterre rectiligne, la réalité jardinière devient vite une vérité picturale.
En 1893, Monet agrandit son jardin et décide de créer le jardin d’eau. Pour cela, il achète le terrain situé de l’autre côté de la route et de la voie ferrée qui longe le bas de son jardin, dans lequel coule le Ru, un bras de l’Epte. Il fait creuser un étang alimenté par les eaux détournées du Ru. En 1895, il fait construire le pont japonais qui enjambe le célèbre bassin aux nymphéas.
Cet étang, devenu sa principale source d’inspiration, occupera à partir de 1895 l’essentiel de ses toiles. Ici, l’architecture est plus libre. Le pont, les glycines, les nymphéas et les saules pleureurs sont inspirés de l’art japonais. Née du jardin d’eau, la série de toiles des Nymphéas révèle cette quête ultime. Monet tend alors vers l’impossible, c’est-à-dire cette atmosphère si éphémère qui règne autour du pont et des fleurs posées sur l’étang.
C’est à Giverny que son essentiel devient l’effet et non plus l’objet, la féerie colorée ne vit que par le reflet, ce jeu de miroir incessant entre la lumière et son mouvement. « J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas… Je les cultivais sans songer à les peindre… Un paysage ne vous imprègne pas dans un jour… Et puis, tout d’un coup, j’ai eu la révélation des fééeries de mon étang. J’ai pris ma palette. Depuis ce temps je n’ai guère eu d’autre modèle. » (C. Monet).
Pour en savoir plus sur les fleurs ou le jardin de Giverny
Un coup de foudre 
En découvrant le village de Giverny, Monet reconnaît immédiatement cette lumière si particulière à la vallée de la Seine. Dans sa correspondance, l’artiste ne cessera d’exprimer son attachement croissant pour ce lieu où il restera jusqu’à sa mort.
« J’ai beaucoup de peine à quitter Giverny surtout maintenant que j’arrange la maison et le jardin à mon goût ».
Le jardin au fil des saisons 
Chaque saison réserve dans le jardin de Monet ses privilèges.
Privilège des espèces : au printemps par exemple, où, dès avril, les 38 000 bulbes plantés chaque hiver, dont 130 variétés de tulipes, offrent un véritable festival de couleurs. Ou l’été, pour admirer les nymphéas en fleurs dans le jardin d’eau. En automne également, pour la floraison des dahlias, qui passionnaient Monet…
Privilège des palettes de couleurs : bleu et rose en avril, lilas et blanc en mai, rose et mauve en juin, rose et rouge début juillet…
Pour en savoir plus sur le jardin au fil des saisons
Visiter les jardins et la maison de Monet 
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